PECHE AUTOMNALE DU BARBEAU AU LEURRE SOUPLE.
Actualité rédigée le 13 May 2014 par Alain FOULON.
Si je voue une passion immodérée pour la pêche de la truite aux leurres, certains pourraient s’étonner de l’attirance que j’éprouve pour celle du barbeau qui me projette immanquablement vers une enfance passée près des berges de « Garonne » et du Gers dont la confluence se situait à quelques centaines de mètres de l’habitation familiale.
À cette époque, je traquais déjà la truite dans des ruisseaux anonymes se jetant dans le grand fleuve après avoir cheminé au creux des coteaux gascons environnants qui les avaient vus naître, mais je rejoignais inexorablement la plaine dès que les eaux pyrénéennes gonflaient et teintaient les flots de la vallée au printemps et à l’automne.
Équipé de courtes cannes à lancer, je projetais de belles « rougeannes » dans les remous puissants en les maintenant au moyen d’un plomb de 20 à 40 grammes. J’attendais alors fébrilement que le grelot dont était affublé chaque scion m’indique, par le tintinnabulement caractéristique et obsessionnel de son chant, la survenance d’une touche souvent violente. La puissance du combat était amplifiée par la force des courants de « Garonne » et par mes nombreuses maladresses, mais chaque dénouement heureux me permettait d’admirer le corps massif de ce poisson à la couleur bronze si particulière et affublé de longues moustaches. Depuis cette époque, ce poisson garde une place toute particulière dans mon cœur, et je réserve quelques sessions annuelles au feeder ou au leurre pour le rechercher spécifiquement. Au-delà de la nostalgie que j’éprouve, j’aime lutter contre ce poisson dont les proportions et la taille le désignent comme un adversaire redoutable.
C’est donc naturellement que, au début de l’automne, j’effectuais un déplacement dans le Haut-Allier pour prospecter la rivière éponyme et dont le peuplement en barbeaux est assez remarquable avec notamment une grosse densité de beaux poissons sur certains radiers.
Dès mon arrivée, une observation attentive du courant principal me permit d’observer les reflets si caractéristiques de poissons se nourrissant sur le fond à un rythme régulier.
Outre des barbeaux, des bancs compacts de gros hotus colonisaient ce grand lisse. Je décidais d’opter pour une tête plombée Straight Jig Head de 3,5 grammes muni d’un I-shad de 3.8". Mes premières dérives trois-quarts aval m’empêchaient de maintenir mon leurre sur le fond, ce dernier « décrochant » et remontant au moment de quitter la veine d’eau principale dans laquelle il évoluait. Ma canne de 2 mètres 10 semblait trop courte et je dus me résoudre à la maintenir au-dessus de ma tête tout en me rapprochant de la veine d’eau que je souhaitais prospecter à la manière d’un pêcheur à la nymphe à la « roulette ». C’est dans ces conditions que je parvins à déclencher une attaque sèche et puissante quelques mètres devant moi.
Après l’effet de surprise, le poisson quitta son emplacement pour descendre puissamment le courant sur une dizaine de mètres. Le combat venait de débuter. Dans un courant aussi rapide, la lutte allait être intense et âpre, et le plaisir que j’éprouvais alors n’avait rien à envier à la prise d’un poisson considéré comme plus noble. Le combat dura plusieurs minutes sans que ce barbeau ne laisse apparaître une quelconque fatigue. Il finit cependant par se rapprocher et m’offrit la vision de sa robe sombre et cuivrée. Je parvins finalement à faire glisser son corps massif dans ma vaste épuisette et à rejoindre la berge pour le déposer dans quelques centimètres d’eau afin de ne pas le blesser.
Mon I-shad dépassait des lèvres charnues de ce magnifique poisson aux nageoires particulièrement développées.
Après les photographies d’usage, ce poisson rejoignit les profondeurs du radier dans un dernier éclaboussement.
Assis sur le banc de galets, et les pieds dans l’eau, je m’appliquai à refaire mon nœud, tout en contemplant le paysage qui s’offrait à moi et dont je n’avais pas pris le temps d’observer les contours gracieux. Deux martin-pêcheur survolant la rivière à très basse altitude me renvoyèrent l’éclat métallique de leur carlingue. Le bruit de l’eau qui s’était mis à chuchoter à mon arrivée retrouva la vigueur de son chant pendant qu’un vent léger balaya la rivière en une légère caresse. Le temps sembla s'immobiliser. J'ai suffisamment pêché aujourd'hui...
Alain Foulon
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